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LA REVOLUTION
Le rattachement à la France

28 octobre 1789 : la commission intermédiaire de Carpentras adresse aux Consuls de Bédarrides une lettre invitant la communauté à voter son annexion au Comtat Venaissin. Le Conseil ne répond pas.

Mais les paysans de Bédarrides n'ignorent pas qu'en France les ordres et les privilèges sont abolis. Un souffle de liberté commence à les animer. Ils espèrent obtenir des réformes de leur archevèque et du pape auxquels ils restent profondément attachés. Cette fidélité apparait notament le 3 décembre 1789 dans la délibération qui suivit la discussion de la motion tendant à la réunion du Comtat à la France présentée le 12 novembre par Bouche, député de Provence.

1790 : les contadins ont obtenu la résurrection des Etats du Comtat qui n'avaient pas été réunis depuis le XVIème siècle. L'assemblée est prévue pour le mois de mai et les élections accompagnées de la rédaction de cahiers de doléances doivent se tenir en avril.

6 mars 1790 : le Conseil décide la réunion de Bédarrides au Comtat.

24 mai 1790 : ouverture des Etats du Comtat à Carpentras. Ils décident alors à l'instar des Etats Généraux de France, de se transformer le 27 mai en Assemblée représentative.

29 mai 1790 : cette assemblée décide d'adopter la Constitution française.

22 juin 1790 : un décret de l'assemblée supprime toutes les municipaplités existantes. Le chef de tout corps municipal s'appelle désormais le maire. Les Consuls sont destitués. L'organisation séculaire de la ville est donc remplacée par une organisation nouvelle.

Mais la nouvelle loi électorale éloigne encore de l'urne les pauvres. Ce décret déclare encore que le gouvernement du Comtat est monarchique et que le pouvoir exécutif suprême appartient au pape. En application de ce décret, les citoyens actifs de Bédarrides procèdent à l'élection du corps municipal, celui-ci désignant à son tour le nouveau maire. Claude Leydier est ainsi le premier maire de Bédarrides.

Ces réformes partielles et incomplètes ne donnent pas satisfaction au peuple. Bientôt, deux corps opposés commencent à se former : les papistes, fidèles au pape et les patriotes qui veulent plus de liberté et l'annexion à la France.

27 octobre 1790 : l'assemblée représentative affirme sa fidélité au pape, alors qu'Avignon ainsi que Vedène, Sorgues et Saint-Saturin ont voté la réunion à la France durant l'été.

Autômne 1790 : l'Isles, Cheval Blanc et Caumont arbore les armes de France.

25 décembre 1790 : plusieurs communautés annoncent leur intention de rappeller leurs députés à l'assemblée représentative.

27 et 28 décembre 1790 : les troupes de l'assemblée rétablissent les armes du pape.

10 janvier 1791 : l'armée d'Avignon s'empare de Cavaillon. De nombreux prisonniers sont transférés à Avignon. Cette affaire provoque une panique dans tout le Comtat et la plupart des villages arborent les armes de France. Les députés de l'assemblée représentative déconcertés et découragés par le rejet catégorique de toutes ses réformes par Rome se dispersent.

7 février 1791 : les députés de 25 communautés représentées à Avignon décident la formation des Etats-Unis d'Avignon et du Comtat Venaissin. Ils décident : de renouveler les voeux de réunion à la France, de renouveler le serment à la nation, à la loi et au roi, de réunir une assemblée primaire par canton afin de nommer les électeurs, lesquels formeront une assemblée qui représentera le Comtat Venaissin et Avignon réunis. Cette assemblée prend le nom d'Assemblée Electorale de Vaucluse.


14-16 mars 1791 : organisation de l'Union de Sainte-Cécile regroupant les communes du Comtat hostiles à l'influence avignonnaise. Suit une période de guerre civile entre l'Union de Sainte-Cécile et les troupes de l'assemblée électorale de Vaucluse.

Toutes les communes du Comtat qui ne l'avaient pas encore fait, sont obligées d'envoyer des députés à l'assemblée électorale qui siège à Avignon puis à Sorgues, à Cavaillon et enfin à Bédarrides à partir du 25 juillet 1791. La grande salle de la Maison Commune est trop petite pour recevoir tous les députés.


Le 27 juillet 1791, ils décident alors de faire aménager l'église paroissiale pour leur réunion. L'Assemblée organise un plébiscite sur la question de l'annexion à la France : dans chaque commune, les habitants sont réunis dans l'église. A droite se mettent les partisants de la réunion, les opposants à gauche.

Le 18 aout 1791, les résultats concernant l'annexion sont donnés : 70 oui et 19 non.

Le 19 août 1791, l'Assemblée désigne trois de ses membres pour se rendre à Paris soliciter de l'Assemblée Nationale la réunion du Comtat à la France. Cette affaire déjà discutée avait été par deux fois rejetée.


Le 8 septembre 1791, ouverture à l'Assemblée Nationale du débat.

Le 12 septembre 1791, le député Menou présente le résultat du référendum de juillet-août et propose la réunion d'Avignon et du Comtat à la France.

Le 14 septembre 1791, le décret déclarant que les "deux Etats réunis d'Avignon et du Comtat Venaissin font dès ce moment PARTIE INTEGRANTE DE L'EMPIRE FRANCAIS" est voté.

Lundi 19 septembre 1791 vers 17 heures, l'Assemblée Electorale est réunie dans l'église de Bédarrides. Le président ouvre la séance par la lecture du décret d'annexion ; un grand enthousiasme suivit cette lecture.

Le 23 septembre 1791, l'Assemblée Nationale par décret crée deux districts : celui de l'Ouvèze, chef-lieu Carpentras et celui de Vaucluse, chef-lieu Avignon. Mais ils ne forment pas encore un département. En mars 1792, le district de l'Ouvèze est rattaché à la Drôme et celui de Vaucluse est rattaché aux Bouches-du-Rhône.

Le Club des amis de la Constitution (dit Jacobin) est dans le midi celui qui joue le rôle prépondérant. Il réunit les citoyens les plus déterminés et joue le rôle de groupe de pression. Ainsi une société des amis de la Constitution est créée à Bédarrides en janvier 1791. Ses voeux étaient largement pris en considération par la municipalité.

Le 10 septembre 1792, en exécution de la loi sur la Constitution civile du Clergé (juillet 1790), le curé constitutionnel pour Bédarrides Antoine Barnabé Barrière est élu. Accusé de participer au mouvement fédéraliste, il est remplacé en 1793. Le fédéralisme est une révolte contre la dictature des clubs et de Paris qui va s'accentuer lorsque les Girondins seront éliminés de l'Assemblée. Marseille fut l'une des villes qui rentra en rebellion. Une armée fut même mise en place pour marcher sur la Convention. Mais elle ne passa pas la Drôme et cette révolte provoqua une répression terrible. Le 25 juin 1793, la Convention décide la création d'un nouveau département, le Vaucluse, département tampon entre les Bouches-du-Rhône et la Drôme. Bédarrides qui était jusqu'alors attaché au district d'Avignon est rattaché à celui d'Orange. Le 28 juillet 1793, les Bédarridais vaincus se rallient à la Montagne et adopte la Constitution montagnarde.

Au cours de l'An II, un décret de la Convention supprima les offices catholiques qui furent remplacés par le culte de l'Etre Suprême. L'église paroissiale prit alors le nom de Temple Décadaire. Tous les dix jours les habitants y étaient réunis. Au cours de ces assemblées, les officiers municipaux faisaient connaître les évènements à la population.

Le 5 juin 1794, l'abbé Alexis Bressy prêtre de Bédarrides est guillotiné sur la place du Palais à Avignon. Ce serait le seul Bédarridais exécuté dans tout le cours de la Révolution.

Durant la Terreur, le Comité de surveillance de Bédarrides faisait incarcérer de nombreux Bédarridais sous les prétextes les plus futiles et les relachait ensuite moyennant de fortes cautions. Son but était de rechercher, de surveiller et de dénoncer les ennemis de la Révolution. Il se livra à toutes sortes d'excès. Ainsi en 1794, il arrêta même le maire Chouvet. Mais ces excès furent dénoncés : ses membres furent arrêtés et envoyés à Orange pour être jugés par la Commission Populaire, véritable tribunal expéditif qui siègea du 19 juin à 4 août 1794. Au cours de ses 44 séances, elle jugea 595 accusés et prononça 332 condamnation à mort.

Mais à Paris la chute de Robespierre le 27 juillet marqua la fin de la Terreur. Les séances de la Commission Populaire furent donc arrêtées et les détenus qui attendaient leur tour dont les membres du Comité de surveillance de Bédarrides furent donc libérés.



(Source du site de la Ville de Bédarrides) 





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